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lundi 22 février 2010

c'est pas à toi que je parles, c'est aux autres, à tout les autres mais pas à toi.

La haine.
Ce soir nous en parlerons.
Peut-être qu'en cette période de sevrage forcé, d'alliances repoussantes et de devoirs de Botanique je suis plus sensible qu'à l'ordinaire, et plus encline à la haine.

Qu'importe.
Je hais.

Vous connaissez peut-être ce sentiment, qui prends le matin très tôt ou le soir très tard, juste quand pleurer vous ennuie parce que ça fait couler le mascara.
Mais il vous faut quand même exprimer ce qui déborde de toute façon.
Alors, la haine.

Injustement méprisée, injustement raillée par les faibles, la haine est ce qui me sauve lorsque mes bouteilles sont vides.

La haine est ce qui me pousse à continuer à prendre le métro tout les matins, même si il est blindé, même si il est en retard, même si je dois en laisser passer une dizaine avant d'aller m'insérer dans les bras d'un vieux qui transpire, même si j'arriverais essoufflée, en retard, le cheveux gras et le maquillage étalé sur la moitié du visage.

La haine est ce qui me pousse à écouter du Britney au réveil et le soir en rentrant pour savoir chanter "womenizer" dans le texte.

La haine est ce qui me pousse à me pointer en mini short en cours pour pouvoir penser très fort "vas y, ma poule, descend moi devant les profs, jamais tu ne pourrais porter mon short, tes cuisses feraient éclater les coutures" ainsi que, dans la rue "vas y mon grand, regarde bien mes jambes, dans 30 secondes tu n'auras plus jamais la chance d'en voir de si près".

La haine est ce qui me pousse à créer de nouvelles recettes de cuisines.

La haine est ce qui me pousse à aller travailler le dimanche, pour pouvoir proclamer que "MOI je bosse !"

Pourquoi toujours critiquer la haine ?

Moi, le discours "ne haissez point, envoyez des ondes positives" me fatigue plus que je ne saurais le dire.

Donc, buvez, faites la fête, mélangez vous, embrassez vous, mélangez tout et n'importe quoi, prenez des photos, lisez des bandes dessinées, arrivez déchirés en cours et filmez vous, faites vous des blagues, faites des projets, prenez vous pour des artistes, assumez le bordel de vos apparts, n'assumez pas vos responsabilités, ne vous sentez pas coupable, haïssez, soyez insupportables, pensez qu'être alcoolique c'est hype, écrivez,...
Soyez une génération sacrifiée sur l'autel de la stupidité.

Ecoutez n'importe qu'elle musique, habillez vous n'importe comment, soyez fous, brillants, haineux, dépensez sans compter et tutoyez votre banquier.

Partez, revenez, quittez vos bon amis et vos plans cul.

Soyez chaste.

Et passez une bonne soirée.

Je vous aime, aussi irresponsables que possible.